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La révolution Haïtienne 1891-1804

Mis à jour : avr. 11

La révolution haïtienne de 1804 est, sans aucun doute, l’une des plus grandes révolutions de l’histoire de l’humanité. Elle est à la fois anticolonialiste, antiségrégationniste et anti-esclavagiste, ce qui fait d’elle une révolution unique au monde.





La nuit du 22 au 23 août 1791 a été un événement capital dans l’histoire universelle, elle aboutit en 1804 à l’indépendance d’Haïti après une victoire de l’armée des indigènes contre les armées napoléoniennes fortes d’environ 50 000 hommes expédiés sous la direction du général Leclerc. Ce fut une véritable révolution,


Entre 1789 et 1790, la traite négrière à Saint-Domingue connaît « ses plus belles années » : on y compte alors entre 450 000 et 600 000 esclaves pour seulement 70 000 à 80 000 libres, dont 30 000 affranchis ou descendants d’affranchis.


La colonie représente les deux tiers du commerce colonial français et produit plus de sucre – l’« or blanc » – et de café que toutes ses rivales étrangères. Les denrées les plus lucratives font l’objet d’un monopole national, mais la contrebande avec les colonies environnantes et les États-Unis est florissante. Le gouvernement britannique comme les négociants de Londres espèrent faire main basse sur la colonie. Le boom économique, fondé sur la servitude d’Africains déportés et sur les discriminations raciales, engendre ainsi de multiples tensions : dans la colonie, entre la colonie et la métropole, et entre les empires.


Après le soulèvement du 22 août 1791, les insurgés ne tardent pas à prendre possession des campagnes tandis que les principales villes restent aux mains des élites coloniales. La plupart des sucreries sont détruites, une partie des planteurs sont massacrés, mais des témoignages évoquent aussi la clémence des esclaves vis-à-vis de leurs anciens maîtres. L’affranchissement général des esclaves est proclamé en août-septembre 1793. Les armées républicaines françaises, essentiellement composées de « nouveaux libres », viennent à bout des Espagnols et de leurs alliés britanniques. Toussaint Louverture, commandant de l’armée victorieuse, s’installe à la tête de l’île réunifiée. En 1802, Napoléon Bonaparte veut y rétablir l’esclavage et y expédie des troupes chargées de restaurer son autorité. Malgré la reddition de Toussaint Louverture, l'armée napoléonienne est battue à Vertières le 18 novembre 1803. L’événement a révélé chez les troupes blanches des pulsions exterminatrices contre les Noirs et un discours peu compatible avec l’idéal de civilisation prôné par la République consulaire. L’indépendance des États-Unis, l’effervescence de la pensée abolitionniste, le contexte révolutionnaire français et l’effondrement de l’autorité publique dans les Antilles ont rendu possible le soulèvement généralisé de toute la société coloniale. Le 1er janvier 1804, la colonie devient un État indépendant, Haïti. Cette indépendance marque la fin du plus grand soulèvement d’esclaves de tous les temps.

«La Révolution haïtienne qui a traduit dans les faits toutes les belles idées de liberté et d’égalité ou tous les droits consacrés dans la première constitution américaine de 1787 et dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Car l’esclavage est encore resté une institution sacrée pour la France et le sud des États-Unis pendant des décennies après l’indépendance d’Haïti. Les esclaves de Saint-Domingue ont donc donné un sens à la notion de la dignité de la personne humaine comme dimension ontologique des droits de l’homme. Comment des esclaves noirs considérés comme des animaux sauvages, des biens meubles, des ignorants ont-ils pu mettre fin à un système d’exploitation basé sur l’esclavage en mettant en déroute la plus grande puissance coloniale de l’époque, l’armée la plus puissante au monde ? Ici, je soutiens l’idée que la révolution haïtienne constitue le fruit d’un métissage de différents types de savoirs traditionnels, intellectuels, militaires, stratégiques et religieux. Elle résulte aussi de l’ignorance, du mépris ou de l’idéologie raciste des penseurs et des maitres blancs. La victoire des esclaves de Saint-Domingue sur l’armée de Napoléon constitue une rupture épistémologique, un effondrement de tout un système de pensée dominant qui a prévalu dans le monde occidental pendant des siècles. ».